La compétition au karaté, sa naissance et son évolution

Beaucoup de personnes pratiquent le karaté dans le monde entier.  En effet,  dans n’importe partie du globe, vous trouverez quelqu’un qui pratique le karaté.  Certains le pratique pour la mise en forme de leur corps, d’autres recherchent la philosophie martiale, un autre veut apprendre l’aspect auto-défense et certains sont en quête de sensations fortes et sont poussés vers la compétition.  Le karaté nous donne toutes ces choses.  Je voudrais mettre par écrit mes réflexions à propos du coté sportif  du karaté.

 

Il est intéressant de constater l’évolution du karaté dit sportif.  Le karaté, par définition, est un art martial  qui a comme priorité l’auto-défense.  À l’origine, il était impensable de penser de mettre deux karatékas face à face afin de connaître qui serait le meilleur des deux. Chaque technique de karaté était  pratiquée comme étant mortel.  Donc, le résultat du combat ne serait pas sans douleur. Lors  des confrontations, l’un des adversaires, ou peut-être les deux, serait très gravement blessé ou même mort, alors comment pratiquer un sport si notre adversaire ne peut se relever ?  Tout un dilemme.

 

Dans les années cinquante,  on a pu voir des rencontres amicales (??) entre certaines universités japonaises.   On peut facilement concevoir comment ceux-ci se sont déroulées, on sait que l’esprit est très élevé pendant les cours de karaté dans les universités japonaises. 

 

Alors, sont apparut les règlements pour sécuriser un peu plus les combats.  Le shotokan fut le style qui organisa la première fois une compétition.  En se basant sur les règlements de compétition du kendo, escrime japonaise, les pionniers de la compétition de karaté ont su créé un système de règlements qui reflèterait la philosophie de l’art martial.  En effet,  ils ont voulu que les techniques soient véritablement réalistes.  Les premières compétitions furent très viriles, voire sanglantes, afin de perfectionner les règlements.  Ils ajoutèrent des pénalités pour des techniques interdites, accordèrent un extra pour en enchaînement de technique ou pour une technique supérieure.  Ainsi vint le système Ippon (1 point) qui donne la victoire, waza ari (demi-point) , également des pénalités pour un contact trop fort qui peut entraîner la disqualification ou autres situations qui pénaliseront de façon moindre le fautif.

 

Sensei Funakoshi, pionner du karaté et fondateur du shotokan, n’a pas apprécié ce changement car il croyait que le karaté est un art martial, pour lui la compétition n’avait pas de sens. La création d’un système de compétition déclenchera  une division au sein du groupe shotokan.  Certes, il y eut d’autres raisons qui existaient, mais la compétition était l’une d’entre elles.

 

En créant un système de compétition,  ils  pensèrent que le karaté deviendrait plus populaire car le public se déplacerait pour voir les compétitions et ainsi, les valeurs que préconise le karaté se propageraient plus facilement.. Sensei Funakoshi ne le voyait pas ainsi, et un froid s’installa entre lui et les pionniers de la compétition.  De cette façon, la JKA prit le leadership en créant la compétition, et un groupe se sépara d’eux, en proclamant suivre à la lettre les enseignements de sensei Funakoshi.  Ce dernier groupe se dénomma shotokai (shoto = pseudonyme de sensei Funakoshi  kai = association)  La JKA (Japan Karate Association) garda le nom shotokan (shoto =   pseudonyme de sensei Funakoshi  kan =maison ou école).   Doucement, on vit une différence entre les deux groupes,  la JKA préconisa un karaté dynamique, beaucoup plus spectaculaire et très attirant pour les spectateurs, tandis que le shotokai devint plus fluide et sans intérêt pour la compétition.

 

Cette façon de faire la compétition prévalut pendant longtemps (presque 25 années).  Le karaté se propagea dans le monde entier et d’autres styles de karaté suivirent leurs  traces dans la compétition.  Et le karaté devint très populaire dans le monde entier. Naturellement, les organisations voulurent se mesurer les uns avec les autres et pour se faire, ils créèrent des associations mondiales.  L’une des premières s’appela la WUKO, World Union of  karatedo organization.  Naturellement, ils  adoptèrent le système déjà en place.  Mais n’étant pas d’origine japonaise, mais plutôt principalement européenne, la WUKO commença à se démarquer du système nippon de la compétition et apporta des modifications aux règlements de compétition.

 

Ainsi, on vit arriver un nombre supplémentaire de points ou techniques pour gagner un match.  On passa du système à deux waza ari (demi-point) ou à un point (ippon) au système 6 waza ari ou 3 ippon.  Avec le temps, nous sommes maintenant rendus que les compétiteurs peuvent presque un nombre illimité de points.  En effet, pour gagner,  il ne faut qu’avoir un nombre supérieur de points lorsque que l’on est rendu à la limite du combat ou si l’un des combattants a huit points de différence avec son adversaire.

En augmentant la quantité de points pour gagner un match, on donna la chance aux compétiteurs de varier leurs techniques et de donner un meilleur spectacle à tout le monde.  En effet, en système ippon (deux points), les athlètes se devaient d’être prudents et conservateurs dans leurs attaques, puisqu’une simple technique équivalait à une autre, disons un coup de pied,, plus difficile et plus spectaculaire.  Donc, on voyait souvent un festival de gyaku zuki 9coup de poing renversé), c’était bien pour les connaisseurs, mais un peu moins pour les néophytes.  Avec le système de trois ippon ou 6 waza ari, les athlètes pouvaient adopter des différentes stratégies, et si elles ne fonctionnaient pas, alors ils avaient toujours l’opportunité de se rattraper puisque le combat avait six points.  On a même ajouté les projections de type judo afin de rehausser le show.    

Un aspect qui passe inaperçu est le fait que si  l’un des athlètes manque de contrôle et  touche le visage de son adversaire, il sera pénalisé selon la gravité de sa faute et celui qui a reçu le coup pourrait recevoir un point et peut-être même gagner le match selon le cas.  À quoi cela sert d’apprendre à bloquer ?   Si on peut être récompensé ou-et même gagner Pourquoi s’entraîner à une défensive ?  

Maintenant que ce n’est pas le nombre de points qui détermine le vainqueur du match, mais plutôt une quantité supérieure de points à la fin du match (sauf si on a huit points d’avance, dans ce cas le combat se termine), les techniques sont de plus en plus risquées, spectaculaires et attrayantes pour les spectateurs.  Mais elles sont souvent décevantes pour les connaisseurs.  En effet, en étant plus spectaculaires, on enlève de beaucoup la sensation de danger qui existerait dans une confrontation réelle.    

 

Tranquillement, la notion qu’une technique de karaté était mortelle diminuait de plus en plus. De plus, on commença à donner un point à celui qui reçoit une technique trop forte. Au lieu de simplement pénaliser celui qui fait la faute, on donne un point à celui qui se fait toucher trop fort.  Pendant longtemps, je trouvai cette situation normale, mais après réflexion, je m’aperçu du problème fondamentale du karaté sportif : on s’éloigne de plus en plus de la réalité du combat.             

 

Aujourd’hui, on parle beaucoup des combats ultimes.  Les gens ne se lasseront jamais d’assister à de bons combats.  J’admire ces athlètes, car ils ont un esprit  très guerrier et on peut apprendre avec les différentes stratégies qu’ils adoptent pendant les matchs.  Mais j’aime trop préserver ma santé physique et mentale pour faire comme eux.  J’aime beaucoup mieux mon karaté et les principes qu’il enseigne.  Avez-vous remarqué que ces athlètes sont très conservateurs dans leurs attaques, en effet ils savent qu’un seul coup de l’adversaire pourrait terminer leur carrière et même leur vie.  Il me semble que cette notion n’existe presque dans la compétition de karaté.

  

Est-ce que cette évolution est inévitable ?   Je pense que oui, car Il est normal que les choses évoluent avec le temps.  Par contre, c’est la responsabilité des dirigeants des associations internationales de garder le cap dans la bonne direction afin d’assister les senseis à enseigner un karaté le plus martial possible.  Malheureusement, il existe aujourd’hui de multitudes d’organisations plus ou moins sérieuses et beaucoup d’entre-elles baissent le standard des techniques et nous avons maintenant des champions du monde à tous les coins de rue. 

Il est temps de faire un virage dans la philosophie de la compétition martiale.  Peut-être pas un 180 degrés,   mais au moins un changement de direction qui permettrait de revenir à un karaté qui saurait satisfaire à tous.

 

La compétition est un excellent outil pour progresser, mais elle n’est pas essentielle.  En pratiquant régulièrement  dans son dojo sérieux, on devrait acquérir toutes les notions nécessaires pour arriver à la maitrise de l’art qu’est le karaté-do.

 

Alain Martin, St-Hubert

Instructeur en chef du centre gishinkan de karaté shotokan

Le 3 septembre 2011    

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